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© Henskens Fossils & John v. Straaten

PLÉISTOCÈNE

Les mammouths  

Les mammouths sont des mammifères éteints de la famille des éléphantidés correspondant au genre Mammuthus et à de nombreuses espèces. La plus ancienne espèce de mammouths connue est Mammuthus subplanifrons, dont l’âge est estimé à plus de 4 millions d’années. Il est connu uniquement par des fossiles trouvés en Afrique du Sud, des molaires et une défense orientée vers le bas, puis recombée vers le haut et vers l’extérieur avant de s’arrondir vers l’intérieur, typique des mammouths.
            Mammuthus africanavus est datée d’entre 3 et 4 millions d’années, et on en a trouvé des fossiles au Tchad, en Libye, au Maroc et en Tunisie. Il se serait éteint il y a 4 Ma. C’est l’espèce dont descend le mammouth méridional.
            Le mammouth méridional (Mammuthus meridionalis, littéralement « le mammouth du sud ») avait des molaires assez larges aux lamelles transversales relativement peu nombreuses. Les défenses atteignaient presque 4 m. Les grands exemplaires avaient une hauteur qui dépassait 4 m. On ne sait pas s’il portait déjà une fourrure, comme les genres de mammouth qui lui ont succédé. C’était le premier à avoir quitté la région d’origine en Afrique et à avoir atteint l’Eurasie il y a environ 2,6 Ma. Il y a environ 1,5 Ma, il est aussi passé en Amérique du Nord par le détroit de Béring, d’où il s’était développé en le mammouth de Colomb (Mammuthus columbi). Le mammouth méridional vivait dans des régions de forêt ouvertes.
            Le mammouth des steppes (Mammuthus trogontherii) a évolué à partir de l’espèce mammouth méridional il y a environ 700.000 ans. Il s’est répandu sur la plus grande partie de l’Eurasie septentrionale pendant les périodes glaciaires du Pléistocène. Le mammouth des steppes compte parmi les plus grands proboscidiens ayant jamais vécu, avec une taille de 4,5 m. Ses défenses enroulées en spirale pouvaient bien atteindre 5,2 m chez les vieux mâles. Le mammouth des steppes est l’espèce dont descend le dernier et plus connu mammouth, le mammouth laineux.
            Le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) est le dernier représentant du genre Mammuthus. Apparu il y a 200 à 300 000 ans, il a occupé toute l’Eurasie et même l’Amérique du Nord qu’il a atteinte par le détroit de Béring il y a environ 100.000 ans. Son nom a son origine dans sa fourrure grossière d’hiver, composée de poils pouvant atteindre 90 cm, qui formait un tablier sur le ventre et sur les flancs. Ces poils couvraient une sous-laine dense et une couche de graisse de près de 10 cm. La fourrure d’été était plus courte et moins dense que la fourrure d’hiver.
            L’adaptation du mammouth au climat froid se traduit aussi par des oreilles très petites et une trompe courte en comparaison des éléphants actuels. Leur taille n’était pas si gigantesque qu’on le croit. Les mâles adultes atteignaient 2,8 à 3,4 m au garrot avec un poids de six tonnes, aussi grand qu’un éléphant d’Asie et un peu plus petit qu’un éléphant d’Afrique. Les différences aves les genres d’éléphants vivant aujourd’hui sont les défenses très recourbées, une bosse en forme de coupole sur le crâne, une haute bosse sur l’épaule ainsi qu’une croupe tombante, et un grand nombre de lamelles sur les molaires. Les défenses atteignent maximal 4,2 m de longueur pour un poids jusqu’à 85 kg.
            L’habitat préféré du mammouth laineux était la steppe herbeuse, un paysage où se mélangeaient plantes de steppes et plantes de toundra. Comme les éléphants actuels, les mammouths laineux vivaient probablement en groupes fondés sur le matriarcat. La femelle la plus âgée dirigeait le groupe. Les mâles adultes au contraire menaient une vie solitaire et ne rejoignaient les femelles que pendant le rut.
            Beaucoup de cadavres ont été retrouvés dans le pergélisol sibérien et en Alaska. Jusqu'à aujourd’hui, environ quarante corps préservés ont été trouvés, bien que seulement quatre soient complets. Certains étaient si bien conservés que des scientifiques caressent l’idée de pouvoir les « ressusciter » par les méthodes de technique génétique. Mais toutes ces tentatives ont échoué, parce que l’ADN des mammouths est trop fragmenté.
            Le mammouth laineux a disparu à la fin de Pléistocène avec d’autres grands mammifères. Outre l’hypothèse de la surchasse par l’homme, on pense aussi à des changements climatiques. Le réchauffement rapide (en environ 1000 ans) a contribué à faire disparaître la steppe à mammouth, faite d’herbe et d’arbustes, au profit des forêts de conifères au sud et des régions couvertes de neige au nord. Les molaires du mammouth sont adaptées pour brouter de l’herbe, pas pour consommer des feuillages d’arbres. Le plus vraisemblable est que les deux facteurs ont agi ensemble.
            Une population relictuelle vivait encore dans l’île de Wrangel au nord-est de la Sibérie il y a environ 4000 ans. C’était une forme naine, ils n’atteignaient plus que 1,8 m de hauteur au garrot, probablement due au manque d’alimentation sur cette île. 

 

Éléphant à défenses droites  (Elephas antiquus)

L’éléphant à défenses droites vivait en Europe au Pléistocène moyen et supérieur. Il atteignit 3,7 m de haut et possédait de longues défenses, légèrement recourbées vers le haut. Ils préféraient un environnement chaud et prospéraient durant les périodes interglaciaires, s’étendant en Europe continentale et jusqu’à la Grande-Bretagne. Pendant les périodes plus froides, il migrait vers le sud.
            Des éléphants issus de l’éléphant à défenses droites ont été décrits dans beaucoup d’îles de la Méditerranée (e. a. Chypre, Malte et Sicile), où ils ont évolué en espèces nains, probablement due à la réduction de la disponibilité en aliments, de la prédation et de la compétition.

 

Ours des cavernes  (Ursus spelaeus) 

L’ours des cavernes vivait au Pléistocène supérieur dans une grande partie de l’Europe, depuis le sud de l’Angleterre jusqu’au Caucase. Les mâles mesuraient 1,3 m au garrot et 3,5 m de haut en position dressée. Ils pesaient autour de 450 kg, le triple du poids d’un ours brun de taille moyenne. Leurs canines sont preuves d’un régime fondamentalement végétarien, consistant d’herbes, de fruits et de feuilles.
            Les ours des cavernes ont évolué à partir de l’espèce Ursus deningeri, et dont dérivent aussi les ours bruns actuels. L’espèce est apparue il y a 250.000 ans. Comme les ours bruns, ils étaient des animaux solitaires. À la fin de l’automne, les ours cherchaient des grottes où passer l’hiver. Si l’année avait été mauvaise, il n’était pas rare que l’ours mourût de faim pendant l’hibernation par manque de réserves. C’est précisément au fond des grottes que l’on a trouvé la plupart des restes d’ours des cavernes, et c’est la raison pour laquelle ils ont reçu leur nom.

  

Rhinocéros laineux  (Coelodonta antiquitatis)

Le rhinocéros laineux était une espèce de rhinocéros qui se caractérisait par une épaisse toison laineuse qui le protégeait du froid des régions où il habitait, les steppes froides qui couvraient au Pléistocène une grande partie de l’Eurasie. On le trouvait depuis le centre de l’Espagne et le sud de l’Angleterre jusqu’à la Mongolie et dans le sud de la Sibérie. Il a son origine sur les steppes de l’Asie centrale où ils sont nés il y a un peu plus de 500.000 ans. Ils n’ont pas colonisé l’Amérique du Nord, ce qu’ont fait les mammouths et les bisons.
Il était un peu plus grand que le rhinocéros blanc africain, 1,6 à 2 m de hauteur au garrot et jusqu’à 3,5 m de long, pour un poids de 2 à 3 tonnes. Sa tête était douée de deux cornes, composées de poils comprimés, comme celle de tous les rhinocéros. La plus grande mesurant près de 1,3 m et qui était aplatie sur les côtés au lieu d’être ronde comme celle des rhinocéros actuels, parce qu’elle ne leur servait pas seulement à se défendre contre les carnivores et à s’affronter à l’époque du rut, mais aussi à écarter la neige pendant l’hiver et à accéder ainsi à l’herbe qu’elle recouvrait.


 

Cerf géant  (Megaloceros giganteus)

Le cerf géant a été le plus grand cervidé de tous le temps. Il ressemblait à un daim de grande taille et ses bois mesuraient jusqu’à 3,5 m d’une extrémité à l’autre. Il ait vécu dans toute l’Europe et dans une grande partie de l’Asie pendant un demi-million d’années (dans le Pléistocène supérieur) avant son extinction, il y a 11.000 ans. Il atteignait une hauteur de 2,1 m dans le cas des mâles, les femelles étaient bien plus petites et n’ont pas des bois. À cause de ces grands bois, les cerfs géants vivaient dans les toundras et les steppes ouvertes ou dans les réseaux de prairies et clairières, et non dans les forêts fermées comme les cerfs européens et les daims aujourd’hui.
            Comme tout les autres mégacerinés, le Megaloceros a ses origines dans les steppes asiatiques. On trouve l’espèce pour la première fois en Asie centrale et en Europe de l’Est il y a presque un demi-million d’années. À l’époque de leur plus grande extension, les cerfs géants sont arrivés jusqu’en Irlande et dans la Péninsule ibérique, mais ils n’ont jamais atteint l’Amérique

Bison des steppes (Bison priscus)

Le bison des steppes était plus haut et plus massif que les bisons actuels. Ses cornes étaient longues et dirigées vers le haut, avec parfois plus de 1,5 m d’envergure. Les plus gros mâles devaient atteindre environ 2 m au garrot pour un poids plus d’une tonne. Originaire d’Europe, descendant de bisons plus primitifs de l’Asie, le bison des steppes est apparu il y a environ 900.000 ans. Il y a environ 200.000 ans il s’installa aussi en Alaska en traversant le détroit de Béring. Cette sous-espèce (Bison priscus gigas) donna naissance aux bisons d’Amérique. Le bison des steppes vivait dans des steppes et des prairies.


Aurochs (Bos primigenius)

L’aurochs est un bovidé disparu depuis 1627. Il est ancêtre de bovins domestiques. Le nom est probablement une dérivation des mots allemands Ur-Ochs (« bœuf primitif ») ou Auer-Ochs (« bœuf des prairies »). L’aurochs serait apparu en Inde au Pléistocène inférieur, il y a environ 2 Ma. Il aurait ensuite migré vers le Moyen-Orient et le reste de l’Asie pour gagner l’Europe au Pléistocène moyen. On estimait la taille au garrot des mâles à 1,6 à 1,8 m et d’environ 1,5 m pour les femelles. Le poids pouvait atteindre 800 – 1000 kg.
            L’aurochs a été chassé par les groupes de Néandertaliens. Il est ensuite très fréquemment été représenté dans l’art pariétal du Paléolithique supérieur, notamment à Lascaux. Après avoir disparu des autres régions du monde, l’aurochs semble être resté relativement abondant dans les grands massifs forestiers d’Europe. Il occupait en Europe les milieux plutôt ouverts à la fin du Pléistocène. Il semble devenir de plus en plus forestier pendant l’Holocène. Ce changement d’habitat est attribuable à une réponse de l’espèce au dérangement par l’homme et à la concurrence avec les ovins domestiques. Le dernier aurochs sauvage et libre connu a été tué dans la forêt de Jaktorow, en Pologne, en 1627.
            La domestication de l’aurochs remonterait il y a 10.000 ans, au Moyen-Orient puis en Inde. Ils ont été importés domestiqués en Europe quelque 2000 ans plus tard au cours des migrations néolithiques à travers la Méditerranée et le long du Danube.

 
  

Lion des cavernes (Panthera leo spelaea)

Le lion (Panthera leo) est évolué il y a 800.000 – 1 Ma en Afrique. Il a atteint l’Europe il y a environ 700.000 ans, dans la forme de sous-espèce Panthera leo fossilis. Ce lion aurait laissé place au lion des cavernes, il y a ± 300.000 ans, considéré aussi une sous-espèce de lion moderne. Dans les peintures de la grotte Chauvet, les figures représentant des mâles (attesté par la figuration des testicules) ne possèdent pas de crinières, mais simplement une boursouflure au niveau du cou. Les squelettes découverts dans des grottes montrent de grands animaux de taille comparable au tigre de Sibérie. Les mâles étaient environ 25 % plus larges que les lions actuels. Ils pouvaient parfois atteindre plus de 300 kg. Les lions des cavernes vivaient probablement en petits groupes de quelques individus, à la manière des lions actuels.
            Le lion des cavernes était présent de l’Espagne à la Russie. À partir de 110.000 ans, au cours d’une période interglaciaire, les lions débarquèrent en Canada et aux Etats-Unis. Ces lions des cavernes appartiennent à la sous-espèce Panthera leo atrox.
Le lion des cavernes disparut avec le radoucissement climatique marquant la fin de la dernière glaciation, il y a environ 11.000 ans. Il avait comme principales proies des bisons, des cerfs, des chevaux ou même de jeunes mammouths.

 

Hyène des cavernes (Crocuta crocuta spelaea)

Les hyènes ont probablement évolué il y a environ 25 Ma à partir d’un ancêtre qui a ressemblé à une civette, en Eurasie. Il y a 15 Ma, les hyènes étaient en âge d’or, avec environ 30 espèces différentes. Il y a 5 – 7 Ma, les hyènes avaient de la concurrence des chiens, qui sont arrivées en Eurasie de l’Amérique du Nord par le détroit de Béring. Durant le Pléistocène, y vivraient encore 9 espèces différentes d’hyène.
            L’hyène des cavernes est une sous-espèce de l’hyène tachetée (Crocuta crocuta). Elle a vécu en Eurasie durant le Pléistocène supérieur, et était un peu plus grand que l’hyène tachetée.
            Aujourd’hui, il y a encore quatre espèces d’hyènes. On les trouve seuelement en Afrique subsaharienne, principalement dans la savane. Elles mesurent selon les espèces de 95 cm à 165 cm (pour l’hyène tachetée) de long, pour un poids variant de 15 à 85 kg. L’hyène mange des animaux déjà morts, mais elle est aussi un redoutable chasseur en bande. La plupart de son alimentation est issue de la chasse. Ses mâchoires sont les plus puissantes de tous les mammifères (3000 kg au cm² à comparer avec les 150 kg au cm² du loup) et lui permettent de broyer les os et de les avaler le reste de la carcasse.

 

Hippopotame  (Hippopotamus major) 

Les hippopotames sont des mammifères cétartiodactyles (qui possèdent un nombre pair de doigts, 2 ou 4), et sont relativement proches génétiquement des cétacés. Il en existe toujours deux espèces vivantes : l’hippopotame amphibie et l’hippopotame nain. Ils sont semi-aquatiques et vivent dans les rivières et les marais de l’Afrique central et subsaharienne. Ils sont principalement herbivores. L’hippopotame commun mesure 1,5 m au garrot pour 3,5 m de longueur pour une masse de 1,4 à 3,2 tonnes, et l’hippopotame nain ne mesure que 1 m au garrot pour 1,5 à 1,75 m de longueur et un poids de 170 à 275 kg.
            Les plus anciennes fossiles des hippopotames sont trouvés en Afrique et ont un âge de 16 million d’années. Avant la dernière période glaciaire, l’hippopotame était répandu aussi en Afrique du Nord et en Europe. Il peut vivre dans des climats plus froids pourvu que l’eau ne gèle pas en hiver.
             Il y avait aussi des formes naines au Pléistocène, sur les îles de Crète, Chypre, Malte et Sicile. Aux époques glaciaires, le niveau des mers était plus bas qu’à présent et ces îles étaient réunies par un pont de terre ferme au continent. Mais la fin de la dernière glaciation et la fonte des glaces firent remonter le niveau de la mer, emprisonnant les animaux sur les îles. Et comme la végétation sur une île était limitée, il ne restait plus aux hippopotames d’autres possibilités d’évoluer vers une espèce de taille plus petite que les espèces continentales.

Oeuf d'un oiseaux-éléphant (Aepyornis titan), Pléistocène supérieur, Madagascar

Les aepyornis ou oiseaux-éléphants étaient des oiseaux géants, incapables de voler. Ils vivaient exclusivement à Madagascar. Tout comme le casoar, l'autruche, le nandou, l'émeu et le kiwi, l'aepyornis était un ratite; il ne pouvait pas voler et ne possédait pas de bréchet à l'inverse des autres oiseaux. Comme Madagascar et l'Afrique se sont séparés avant l'apparition des ratites, on pense que les aepyornis se sont dispersés et sont devenus géants et aptères in situ. Un passage terrestre entre le Gondwana et Madagascar était probablement disponible pour leurs ancêtres il y a environ 85 millions d'années.
Bien qu'ils n'eussent pas été les plus hauts, les Aepyornis sont considérés comme les plus lourds de tous les oiseaux ayant existé, leur poids approchant les 500 kilogrammes. Disparus probablement aux alentours de l’an 1000, ou peut-être seulement au XVIIeou XVIIIe siècle, les aepyornis ont côtoyé les premiers hommes arrivant à Madagascar. Encore aujourd'hui, les Malgaches peuvent trouver des œufs intacts qu'ils utilisent comme urnes. Dans certains cas, ces œufs ont une circonférence de plus d'un mètre, une longueur pouvant atteindre 34 centimètres, et un volume de 9 litres.
On pense que l'activité humaine est la cause de l'extinction des aepyornis. La période exacte de la disparition des aepyornis n'est pas connue avec certitude ; des histoires mettant en scène ces oiseaux géants ont pu persister durant des siècles dans la mémoire collective. Un os d'aepyornis fut trouvé et daté au carbone 14 de l'an 120. Ce dernier présentait des signes de découpes. Une coquille d'œuf fut également datée de l'an 1000. Quelques témoignages, notamment par l'amiral Étienne de Flacourt, gouverneur de Madagascar au XVIIe siècle, pourraient prouver que les aepyornis ont survécu plus longtemps qu'on ne le pense et peut-être même jusqu'à nos jours. Selon Étienne de Flacourt, les aepyornis auraient encore été présents dans le sud de l'île en 1658.
La légende de l'oiseau Rokh des récits arabes notamment dans les Milles et Une Nuits est peut être en relation avec l'aepyornis.

TERTIAIRE

 Megaselachus megalodon 

Le mégalodon est un requin disparu qui existait à l’ère de Miocène jusqu’au Pléistocène, il y a environ 18 à 1,5 Ma. Le mégalodon est principalement connu grâce aux multiples dents et quelques vertèbres fossilisées. Comme tous les requins, le squelette est constitué de cartilage et non pas d’os, ce qui explique pourquoi peu de vertèbres fossilisés ont été retrouvés. Les dents mesuraient jusqu’à 20 cm pour les plus longues jamais trouvées. La taille de ce requin est depuis toujours un sujet de débat. Selon les plus récentes considérations, le mégalodon était beaucoup plus massif en proportion que le grand requin blanc, pesant près de 50 – 80 tonnes pour un animal de 18 - 25 m.
            Le mégalodon posséderait la plus puissante morsure du règne animal. Le régime alimentaire du mégalodon devait se constituer de baleines de tailles moyennes, de gros poissons, de pinnipèdes et de siréniens. Il est estimé que les orques et les grands requins pélagiques, plus petits et plus habiles pour accéder certaines ressources de nourritures, ont remplacé le mégalodon, trop grand et trop spécialisé dans la chasse aux grandes baleines qui s’adaptèrent aux pôles.
 

 

Site fossilifère de Messel 

Certaines régions du globe sont particulièrement connues pour l’abondance de leurs fossiles. Ces sites fossilifères d’une qualité exceptionnelle portent le nom allemand de Lagerstätten (littéralement lieu de stockage), un dépôt sédimentaire qui contient une grande diversité de fossiles ou des fossiles très complets. Ces formations résultent probablement de l’enfouissement de carcasses dans un environnement anoxique avec très peu de bactéries, ce qui a ralenti le processus de décomposition. Les paléontologues les classent en deux sortes : Konzentrat-Lagerstätten, des dépôts particulièrement riches en fossiles, et Konservat-Lagerstätten, des dépôts connus pour l’excellente préservation des fossiles.

            Un des plus célèbres Lagerstätten mondiaux est le site fossilifère de Messel, situé en Allemagne dans la Hesse à environ 35 km au sud-est de Francfort. C’est une carrière désaffectée de schiste bitumeux. En raison de sa richesse en fossiles, il a une grande importance géologique et scientifique. Il est classé au patrimoine mondial depuis 1995 par l’Unesco.

            Les roches se sont formées durant l’Éocène moyen, il y environ 50 Ma. Le site fournit notamment des informations uniques sur les premières étapes de l’évolution des mammifères dont il livre des fossiles exceptionnellement bien préservés, allant de squelettes totalement articulés jusqu’au contenu de l’estomac d’animaux de cette époque.

            Parmi les fossiles trouvés on compte plus de 10.000 poissons de nombreuses espèces, 1000 insectes aquatiques et terrestres, un grand nombre de mammifères comprenant des chevaux pygmées, des souris, des primates, des fouisseurs et 7 espèces de chauves-souris, un grand nombre d’oiseaux, crocodiles, tortues et autres amphibiens.

 
 

Green River Formation, Wyoming 

Datant de la période Éocène, le gisement de fossiles de Green River est l’un des plus importants des Etats-Unis. Les premières excavations connues dans la région remontent aux années 1850. En 1856, l’archéologue Dr. John Evans annonça au monde scientifique avoir découvert des fossiles de poissons, et c’est ainsi que Green River Formation entra dans la littérature scientifique.
            Green River est en réalité tributaire de Colorado River. Le Formation Green River est un bassin de lac montagneux dont la superficie s’étale sur trois états différents. Une partie repose à l’est des Montagnes Uinta au nord-ouest du Colorado et une partie plus large s’étend au sud-ouest du Wyoming. La structure rocheuse de Green River se compose de différentes strates, dont le contenu varie à mesure que l’on creuse plus profondément. La distribution de fossiles varie également. A ce jour, des fossiles appartenant à 60 groupes distincts de vertébrés, et d’innombrables fossiles invertébrés ont été découverts au cœur de creusements dans Green River.

  

CRÉTACÉ 

Dinosaure

Les dinosaures (du grec Deinos, terrible et Sauros, lézard) constituent un groupe de vertébrés terrestres qui dominaient les faunes continentales entre le Trias supérieur et le Crétacé supérieur pendant plus de 160 millions d’années. Ils étaient présents sur tous les continents dès la fin du Trias. Ils comprennent des formes très diverses, bipèdes et quadrupèdes, carnivores et herbivores, avec une série d’innovations telles que des cornes, des crêtes, des plaques et des plumes. Parmi eux étaient les animaux les plus grands et les plus lourds à avoir existé sur la terre ferme. Néanmoins, un grand nombre de dinosaures ne dépassait pas la taille d’un homme et certains d’entre eux étaient plus petits qu’une poule. Plus de 600 genres de dinosaures ont été décrits, rassemblant plusieurs milliers d’espèces. Une trentaine de nouvelles espèces sont décrites tous les ans. Un peu plus de la moitié de ces espèces ne sont représentées que par un seul spécimen (souvent incomplet) et moins de 20 % des espèces sont connues par plus de cinq spécimens.
            Les dinosaures sont apparus au sein de superordre des reptiles archosauriens, un groupe de petits reptiles diapsides de la fin de Permien et surtout du début du Trias. Les plus anciens dinosaures connus par des fossiles sont des carnivores âgés de 225 à 230 millions d’années, Eoraptor et Herrerasaurus.
            La classification des dinosaures distingue deux grands clades : les Ornithischia et les Saurischia. Les Ornithischia comprennent des dinosaures herbivores et de petite taille ou avec une taille moyenne. Les Saurischia sont divisés en deux groupes, les Theropoda qui comprennent des dinosaures bipèdes majoritairement carnivores, et les Sauropodomorpha, des animaux herbivores généralement quadrupèdes et de très grande taille munis d’un long cou, d’une petite tête et d’une longue queue.
            Aujourd’hui, les dinosaures furent vus comme des animaux actifs, endothermiques et ayant des comportements sociaux complexes. Le plus grand et plus lourd dinosaure connu à partir de squelettes complets ou presque est le Brachiosaurus. Il mesurait 12 m de haut, 22,5 m de long, et aurait pesé entre 30 et 60 tonnes. Le plus long dinosaure issu d’un fossile complet et le Diplocodus qui fasait 27 m. Il y avait de plus grands dinosaures mais les données connues sont estimées sur quelques fossiles fragmentaires. Le plus grand carnivore était le Spinosaurus, qui atteignait une taille de 16 à 18 m et pesait 9 tonnes.
            Le premier fossile d’oiseau, l’Archéoptéryx, du Jurassique supérieur, a été découvert en Bavière, en Allemagne, en 1861. Sa grande ressemblance avec certains petits dinosaures carnivores bipèdes a fait apparaître la théorie selon laquelle les oiseaux descendraient d’un groupe de dinosaures. Pendant plus d’un siècle, cette théorie est restée très controversée. Dans les années 1990, cependant, de nombreux fossiles de dinosaures à plumes ont été découverts, principalement dans la région du Liaoning, en Chine, et ont contribué à réactiver cette théorie. Une de ces espèces de dinosaures à plume aurait des millions d’années plus tard donné naissance à l’ancêtre commun à tous les oiseaux.
            La disparation des dinosaures à la fin du Crétacé, il y a 65 Ma, donna naissance à de nombreuses théories. Les causes les plus probables sont
- la chute d’un astéroïde ou d’une comète d’un diamètre de plusieurs kilomètres provoquant une catastrophe majeure qui, à cause de débris dus à la collision, plongea la terre dans l’obscurité et le froid pendant plusieurs années
- éruptions à la fin du Crétacé d’un « supervolcan » qui forma les trapps du Deccan, en Inde, provoquant un cataclysme planétaire en modifiant le climat et réduisant la photosynthèse en plongeant la terre dans une pénombre à cause de nuages de cendres et de brume sulfureuse
- régressions marines très importantes à la fin du Crétacé induisant un important changement climatique.

 

Mosasaure

Le mosasaure (littéralement « lézard de la Meuse », par sa découverte à proximité de Maastricht, au Pays-Bas, en 1780) est un reptile géant aux allures de lézard qui vivait au Crétacé supérieur. C’est un proche parent des varanidés actuels. Les mosasaures sont des formes réadaptés à la vie marine. Ils sont apparentés aux lézards terrestres. Avec l’extinction des ichthyosaures et le déclin au Crétacé des plésiosaures et des pliosaures, les mosasaures sont devenus les prédateurs marins dominants au Crétacé supérieur.

Leurs corps présent une particulière adaptation à la nage par l’allongement de la queue qui constituait le principal organe de propulsion. La mandibule possède une articulation supplémentaire à mi-longueur, qui permettait aux mosasaures d’ouvrir leur gueule davantage. L’orbite a des plaques sclérotiques solides.

Ils pouvaient atteindre une longueur entre 5 et 18 mètres. Leurs grandes dents en forme de poignards indiquent qu’il s’agissait de prédateurs opportunistes, se nourrissant surtout de gros poissons, d’ammonites et même d’autres reptiles marins. Certaines espèces présentent une morphologie dentaire assez curieuse. Globidens (« à la dent en boule »), par exemple, possède des dents plus arrondies qui sembleraient indiquer une prédilection pour les coquillages. Mosasaurus est le plus grand mosasaure connu a se jour. Il mesurait 18 m de long.

 

Santana Formation, Brésil

La formation de Santana est un Lagerstätte (accumulation des fossiles) dans le nord-est du Brésil. La formation géologique se trouve à la base du plateau d’Araripe. Les strates ont été fixées pendant le Crétacé inférieur, il y a 114 à 90 Ma, en une mer intérieure peu profonde. Environ 25 espèces de poissons fossiles sont souvent trouvées avec le contenu de l’estomac préservé, permettant à des paléontologistes d’étudier des rapports de prédateur-proie dans cet écosystème. Ils sont souvent préservés dans des nodules. Il y a également des exemples fins de ptérosaures, reptiles, amphibiens et invertébrés (en particulier insectes). Même des dinosaures sont représentés : un nouveau maniraptor a été décrit en 1996.

 

Coelacanthe (Coelacanthidae)

Les coelacanthes forment un groupe de poissons crossoptérygiens. Ils font donc partie des vertébrés sarcoptérygiens non tétrapodes. Ils ressemblent aux ancêtres aquatiques des vertébrés terrestres, et possèdent une poche de gaz avec des parois épaisses qui pourrait être le vestige d’un poumon ancestral.
            Les coelacanthes ne furent longtemps connus que par des fossiles représentés dans du Dévonien au Crétacé. Mais en 1938 une ornithologue sud-africaine annonça la découverte d’un coelacanthe vivant. On l’a attrapé dans les eaux autour de Madagascar. En 1998, une deuxième espèce vivante a été trouvée dans les eaux de
Sulawesi, en Indonésie. Les coelacanthes sont peut-être l’exemple le plus fameux de fossile vivant. Les premiers coelacanthes connus datent de – 410 Ma. Ce groupe s’est diversifié dans de nombreux différents milieux aquatiques. C’est au Trias que les paléontologues ont répertorié la plus grande diversité d’espèces. Ils se développèrent jusqu'à atteindre des longueurs de 3 m au Crétacé avant de décliner vers la fin de cette période (-70 à -60 Ma).

Confuciusornis sanctus 

Les Confuciusornis forment un genre d’oiseaux vivant au Crétacé entre - 140 et - 110 Ma découvert dans la province chinoise de Liaoning. Comme les oiseaux modernes, le Confuciusornis avait un bec sans dents, contrairement à d’autres oiseaux contemporains. Les organes liés au vol de Confuciusornis sont plus développés que ceux de Archaeopteryx, le plus vieil oiseau connu aujourd’hui, qui vivait il y a 150 Ma. Le sternum, essentiel pour l’attache des muscles nécessaires au vol, présente une sorte de quille plus semblable à ceux des oiseaux modernes.
            En 1993, les paléontologues chinois ont trouvé des fossiles d’oiseaux d’une trentaine de centimètres. Ces spécimens sont identifiés en 1995 par un groupe de chercheur chinois comme Confuciusornis sanctus («  Oiseau saint Confucius »). En 1997 puis en 1999 plusieurs autres spécimens qui semblent être d’espèce proches ont été découverts. Des controverses existent cependant sur l’opportunité de les considérer comme espèces différentes. Une deuxième espèce est reconnue, C. dui. Deux autres, C. chuonzhous et C. suniae, sont contesté.

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Hyphalosaurus 

Hyphalosaurus est un genre éteint de reptiles aquatiques de l’ordre des Choristodera. Il constitue l’un des plus intéressants fossiles découvert dans la formation Jehol de la province chinoise du Liaoning. Cette formation date du Crétacé inférieur, formée il y a 130 à 120 Ma. Le nom de ce genre vient de deux racines grecques : hyphalos (submergé, sous l’eau) et sauros (lézard). Cet animal atteignait au stade adulte la taille d’environ 80 cm. Un fossile a été découvert en 2007 avec deux têtes, ce qui constitue le cas connu le plus ancien de polycéphalie.

A la suite de leur découverte, l’empreinte et la contre-empreinte de l’holotype furent confiées à deux groupes de chercheurs. Chacun décrivit le taxon et publia ses résultats indépendamment, et donnant à l’animal deux noms différents, Sinohydrosaurus et Hyphalosaurus. Il fut montré que c’étaient les images miroirs l’une de l’autre, et représentaient en fait le même spécimen. Sinohydrosaurus est consideré comme un synonyme d’Hyphalosaurus, parce que ce dernier nom fut publié en premier.

JURASSIQUE


 

Solnhofen 

Le calcaire de Solnhofen est un Konservat-Lagerstätte qui a préservé d’organismes fossiles, dont certains ne se fossilisent normalement jamais. D’autres sont préservés avec beaucoup de détails. Les lits fossilifères de Solnhofen sont situés en Bavière, en Allemagne. Durant le Jurassique supérieur, cette zone était un archipel, au bord de la mer Téthys. Il contenait des lagons calmes qui étaient peu ouverts sur la mer. À cause de l’évaporation, l’eau des lagons était trop salée pour la plupart des animaux. En profondeur, l’eau des lagons était aussi anoxique, les charognards courants étaient donc absents. Ainsi, tous les organismes qui tombaient, glissaient ou étaient emportés par des courants depuis le continent ou l’océan dans ces eaux se déposaient donc au fond et étaient enterré dans le sédiment.
            Plus de 600 espèces ont été identifiées, incluant le plus vieil oiseau connu aujourd’hui, Archaeopteryx. La finesse du grain de calcaire est idéale pour faire des plaques lithographiques. Ainsi, l’exploitation de ce gisement pour fabriquer des plaques lithographiques fut à l’origine de nombreuses découvertes.

 

Le limule

Le Solnhofen est l’un des « Lagerstätten » le plus connue au monde parmi les limules fossiles. Ils se sont évolués pendant le Cambrien avec les autres arthropodes primitifs comme les trilobites. Le limule est un arthropode marin. Son groupe semble n’avoir pratiquement pas évolué depuis plus de 500 millions d’années. Le limule est parfois appelée « crabe des Moluques » ou « crabe fer à cheval », bien qu’il ne s’agisse pas d’un crustacé mais d’une chélicère comme les araignées et les scorpions. Il peut mesurer jusqu’à 50 cm et vivre jusqu’à 30 ans.
            Le limule vit au fond d’eaux peu profondes (5 à 10 mètres) et se nourrit de petits animaux marins comme les poissons ou les crustacés qu’il broie avec la base de ses pattes antérieures. La famille des Limulidae est représentée aujourd’hui par 4 espèces. Limulus polyphemus vit le long de la côte est de l’Amérique de Nord et de l’Amérique central, les trois autres espèces vivent en Asie.

  

Ptérosaures

Les ptérosaures sont des « reptiles volants » apparus au Trias supérieur, il y a 230 Ma. Au moins 60 genres de ptérosaures ont été retrouvés à ce jour. Ce sont des diapsides archosaures. Il semble que les ptérosaures auraient été les premiers vertébrés volants. Ils possédaient de grandes ailes formées d’une membrane fixée au quatrième très long doigt de leurs membres supérieurs (le cinquième ayant disparu). Un grand nombre de fossiles ont été découverts sur tous les continents, excepte à l’Antarctique. Le plus petit fossile connu est celui d’une espèce aussi grande qu’un moineau. Les plus grandes ont atteint plus de 12 mètres d’envergure d’aile. Les ptérosaures se sont adaptés pour occuper de nombreuses niches évolutives, terrestres que marines.
            La présence de poils suggère l’homéothermie qui, avec certaines caractéristiques du crâne, suggère le vol actif. L’alimentation des ptérosaures était variée : ils pouvaient être piscivores, insectivores, filtreurs et mangeurs de coquillages. La classification classique est de séparer le groupe en deux taxons :
- Les ramphoryncoïdes, qui sont les premiers ptérosaures apparus au Trias. Ils sont caractérisés par une longue queue, des dents et l’absence de crête.
- Les ptérodactyloïdes, qui sont apparues au Jurassique et se distingue par une queue courte, l’absence de dents chez les formes les plus évoluées, une réduction du cinquième orteil et une crête sur la tête chez certaines espèces.
Le nombre d’espèces semble peu à peu avoir décliné jusqu’à leur disparition totale il y a 65 Ma. Les oiseaux ont occupé alors leurs niches adaptatives, du moins pour les plus petites espèces.

  

Ichthyosaure

Les ichtyosaures sont des reptiles dont les ancêtres qui vivaient sur la terre ferme sont ultérieurement retournés à la mer (probablement sous la pression des dinausaures qui dominaient alors les terres). La forme de leurs corps est très semblable a celle des dauphins (mais avec une queue verticale et non pas horizontale ainsi que quatre nageoires au lieu de deux). Comme les dauphins (mammifères retournés à la mer), les ichtyosaures avaient des poumons et devaient de temps en temps remonter à la surface pour respirer.
Plus de 80 espèces ont été recensées, parmi lesquelles la plus grande (Shonisaurus) pouvait atteindre 15 m de long. Des squelettes d’ichtyosaures ont été retrouvés avec des restes de jeunes pas encore nés. Ceci prouve que le développement des oeufs étaient interne et que les jeunes quittaient le corps maternelles déja formé.

Les ichtyosaures apparaissent pendant le Triassique (il y a environ 245 millions d’années) et se sont éteints durant le Crétacé (il y a environ 90 millions d’années, longtemps avant que les dinausaures et d’autres reptiles disparaissent). Ils se nourissaient de poissons, ammonites et belemnites. Les espèces du genre Temnodontosaurus avaient les plus gros yeux jamais observés avec un diamètre de 26 cm (plus gros que ceux de la baleine bleue). Même les yeux sont adaptés au corps profilé des ichtyosaures. Comme la plupart des oiseaux et des reptiles, les ichtyosaures avaient les yeux étaient entourés d'anneaux sclérotiques ossifiés. Ces anneaux qui entourent l’oeil proprement dit sont applatis si bien que l’oeil, lui-même applati, ne dépasse presque pas.
 

Stenopterygius sp., Jurassique inférieur, Holzmaden, Allemagne

Stenopterygius est connu en Europe (Angleterre, France, Allemagne, Luxembourg et Suisse). Sa taille maximum était de 4 metres. Stenopterygius était physiquement très similaire a l’Ichthyosaurus (plus connu) mais avait une crâne plus petit et des nageoires plus etroites. Stenopterygius était une nageur très rapide avec une vitesse de croisière semblable a celle des thons qui comptent parmi les poissons les plus rapides.

Puisque ce squelette est en très bon etat, cet ichtyosaur a derivé a la surface pour seulement une courte période avant de commencer à sombrer. En coulant, les poumons et la poitrine se sont progressivement compressés. Le centre de gravité s’est alors deplacé vers l’avant. Par conséquent, les ichtyosaures de ce type coulent souvent vers le fond la tête la première avec une vitesse d’environ 1.5 m/s

  

Ammonites

Les ammonites sont des mollusques céphalopodes éteintes, qui apparaissent durant le Dévonien et disparaissent à la fin de Crétacé. Elles se caractérisaient par une coquille univalve plus ou moins enroulée dont seule la dernière loge était occupée par l’animal, les autres loges servent à contrôler sa flottaison. L’organisme les remplissait d’eau ou au contraire expulsait l’eau selon s’il souhaitait descendre ou monter dans la tranche d’eau. On connait plus de 10.000 espèces différentes. Certaines peuvent faire 2 m de diamètre. Peu d’éléments sont connus de l’anatomie interne des ammonites à moins d’étudier celles des céphalopodes actuels (principalement les nautiles, qui ressemblent aux ammonites). On considère ainsi que l’ammonite devait être pourvu de huit bras.
            On pense que la plupart d’entre elles ont vécu dans l’eau libre des mers. Un bon nombre d’espèces sont considérées comme de bonne nageuses grâce à des coquilles hydrodynamiques. Elles se nourrissaient probablement de crustacés et de petits poissons (et zooplancton pour les larves). Leurs prédateurs sont les grands reptiles marins. Certaines ammonites portent les marques de dents des mosasaures et des ichthyosaures.

  

TRIAS

 

Keichousaurus 

Keichousaurus est un reptile marin qui vivait au Triassique. Son nom est dérivé de Kweichow (aujourd’hui Province de Guizhou) en Chine, où le premier spécimen a été découvert en 1958. Sa longueur était 20 – 30 cm. Il était fortement adapté à l’environnement aquatique. Ils avaient des cous et queues longues, et des petites dents aiguës pour attraper des petits poissons. Le Keichousaurus est éteint à l’issue de l’extinction Triasique – Jurassique.
 

Nothosaurus 

Nothosaurus appartient à la famille des Nothosauridés. Ce sont des espèces semi-aquatiques de tétrapodes qui avaient vécu au Trias de -240 à -210 Ma. Des fossiles de Nothosaurus ont été retrouves en Europe, en Afrique du Nord et en Asie. Les Nothosaures vivaient en peu comme les phoques, souvent sous l’eau, et se hissant sur les plages pour se reposer. Ils ressemblaient à de gros lézards de 3 m de longueur avec un cou long, une longue queue aplatie, de courtes pattes palmées et une douzaine de dents pointues. La famille des Nothosauridés ont pour ancêtre des reptiles terrestres qui au cours de temps et de l’évolution ce sont adaptés à la mer. La plupart des genres vivaient dans des eaux profondes de long des côtes. D’autres étaient capable de gagner la haute mer.

PERMIEN
 

Archegosaurus 

Archegosaurus est un membre de la classe des Labyrinthodonta, un groupe d’amphibiens disparus. Ces amphibiens étaient les premiers vertébrés qui, au Dévonien, auraient conquis la terre. Sa longueur était 1 m. Les restes de cet animal ont été retrouvés en Allemagne. Il vivait au Permien. Avec Sclerocephalus et Actinodon, il comptait parmi les plus grands amphibiens en Europe dans cette période.

 

Discosauriscus 

Discosauriscus est un amphibie qui vivait au Permien inférieur. Ces fossiles ont été retrouvés dans les sédiments des lacs d’eau douce en Europe centrale et à l’ouest, surtout en Tchèque. Jusqu’à aujourd’hui, on a retrouvé seulement des fossiles de jeunes animaux, pas des exemplaires adultes. Il est probable que les animaux adultes ont utilisé ces lacs seulement pour déposer les œufs, mais vivaient eux-mêmes dans un autre habitat. On a identifié deux espèces : Discosauriscus austriacus et Discosauriscus pulcherrimus. La dernière est connue de seulement quelques exemplaires.

 

Sclerocephalus 

Sclerocephalus (« tête dure ») était une salamandre (alors un amphibie) qui vivait au début du Permien, autour de 290 millions d’années, au sud-ouest de l’Allemagne, dans des lacs avec l’eau douce. Avec sa longueur maximale de 2 mètres, il comptait parmi les plus grands amphibiens qui ont jamais vécu en Europe. Sa nourriture consistait de poissons et d’autres amphibiens. Ainsi que les autres amphibiens, les larves avaient des branchies pour tirer l’oxygène de l’eau. Les exemplaires adultes avaient des poumons et pouvaient alors vivre temporairement sur la terre.

 

Micromelerpeton 

Comme Sclerocephalus, Micromelerpeton était un amphibie qui vivait au Permien inférieur dans la région qui est aujourd’hui le sud-ouest de l’Allemagne. Il appartenait aux Branchiosaurier : amphibiens adultes avec les caractéristiques des larves, comme des branchies extérieures et des éléments non-ossifiés dans le poignet et la cheville. Il pouvait atteindre une longueur maximale de 20 cm. Au début du Permien, l’Allemagne se trouvait beaucoup plus au sud qu’aujourd’hui. La température moyenne était tropical et le climat humide, idéal pour des amphibiens. Les ennemis principaux de Micromelerpeton étaient surtout Sclerocephalus et des requins de l’eau douce comme Orthacanthus.

  

Orthacanthus  

Orthacanthus était un requin de l’eau douce qui vivait en Europe et en l’Amérique du Nord pendant le Carbonifère supérieur jusqu’au Permien inférieur. À cause de son corps allongé et longue nageoire, il avait l’air d’une murène. Orthacanthus avait un piquant juste derrière la tête et pouvait atteindre 3 m de longueur. Il était décrit pour la première fois en 1889. La couleur blanche du fossile et due au chauffage à cause de la lave montant dans la pierre. Il appartenait à la famille des Xenacanthidae, les premiers requins qui conquéraient aussi l’eau douce. Ils perdraient leur forme de requin primitif et ont évolué en une forme ressemblant à une anguille. Des fossiles de requins complets sont très rares parce que le squelette consiste de cartilage, qui est beaucoup plus douce que l’os.

 

CARBONIFÈRE

 

Fougères

Les fougères sont des cryptogames vasculaires. Elles comportent environ 13.000 espèces. On rencontre environ 75 % des espèces dans les régions tropicales. Leur mode de reproduction le confine dans les milieux humides. Les fougères ne produisent pas de graines, contrairement aux spermatophytes (gymnospermes et angiospermes), mais se reproduisent grâce à des spores. L’eau est indispensable dans le cycle de développement des fougères car les sporanges ne peuvent s’ouvrir qu’en présence d’un taux d’humidité atmosphérique suffisant, les spores ne peuvent germer que sur un substrat humide et sans eau la fécondation est impossible.
            Leurs fossiles sont connus depuis le milieu de la période Dévonien. Dans le Carbonifère, les fougères formaient de grandes forêts, qui étaient la base de réserves de houille récentes. Les fougères de l’époque pouvaient atteindre une hauteur de 30 m avec un tronc large de 2 m.

 

DÉVONIEN
 

Rhinopteraspis dunensis        Coccosteus cuspidatus

Pterichthyodes milleri

Poissons « cuirassés »

Les premiers poissons cuirassés étaient les ostracodermes («  peau en coquille »). C’est le nom de plusieurs groupes de poissons éteints, primitifs, qui étaient recouverts d’une armure de plaques osseuses. Leurs fossiles sont trouvés dans les strates ordovicienne, silurienne et dévonienne d’Amérique du Nord et d’Europe. Ils mesuraient souvent moins de 30 cm et n’ont pas de mâchoires. Une innovation des ostracodermes était l’usage des branchies non pas pour se nourrir, mais exclusivement pour la respiration. Dans toutes les formes de vie précédentes, les branchies étaient utilisées à la fois pour la respiration et le nourrissage. À la différence des invertébrés qui utilisent le mouvement de cils pour faire avancer leur nourriture, les ostracodermes utilisaient leurs poches branchiales musculaires pour créer une force de succion leur permettant d’engloutir leurs proies. Après l’apparition de poissons munis de mâchoires il y a environ 400 Ma, les espèces d’ostracodermes disparurent progressivement.
            La classe des placodermes est un groupe de poissons fossiles, les premiers vertébrés à posséder une mâchoire. Ils sont apparus au début du Silurien et ont complètement disparu avant le Carbonifère. Certains d’entre eux pouvaient dépasser 8 m de long.

  

Cheirolepis trailli 

Bundenbach 

« Les ardoises d’Hunsrück » est un Lagerstätte du Dévonien célèbre pour sa remarquable préservation d’une faune fossile très diverse. Les localités sont des anciennes carrières situées au sud de la rivière Moselle et à l’ouest du Rhin, à l’ouest de l’Allemagne. La faune d’Hunsrück Slate est souvent dénommée « fossiles de Bundenbach », du nom de la commune allemande du même nom. Les ardoises d’Hunsrück étaient largement exploitées, principalement pour couvrir les toits.
Les sédiments marins se sont déposés durant le Dévonien inférieur. C’est le seul Lagerstätte du Dévonien contenant des fossiles dont les tissus mous se sont conservés, probablement due à un enfouissement rapide dans un fond anoxique (avec peu ou pas d’oxygène) où la décomposition des matières organiques est significativement ralentie. Dans de nombreux cas, les fossiles sont recouverts d’une couche de pyrite, résultat d’un sédiment pauvre en matière organique mais riche en soufre et en fer.
            Plus de 260 espèces animales d’Hunsrück slate ont été décrites, incluant des échinodermes, des brachiopodes, des coraux, des trilobites, des éponges, des céphalopodes, des cnidaires et des gastropodes. Des placodermes et des agnathes ont également été découverts.

 

Eurypterus 

Eurypterids (scorpions de mer) incluent le plus large arthropoda qui ait jamais vécu. Le plus grand, comme Pterygotus, atteint 2 m ou plus dans la longueur, mais la plupart des espèces étaient moins de 20 cm. Ils étaient des prédateurs formidables qui ont prospéré dans l’eau peu profonde chaude dans le Cambrien au Permien d’il y a 510 à 248 Ma. Eurypterus est peut-être le genre le meilleur connu de l’eurypterid, dont 18 espèces fossiles sont connues. Eurypterids sont liés aux crabes en fer à cheval (les limules).
L'eurypterid typique a eu un grand, plat, semi-circulaire carapace, suivi d'une section jointe, et une queue flexible, la plupart de fin se termine par une longue épine à l'extrémité. Derrière la tête des eurypterids étaient douze segments de corps. Ces segments sont constitués par un plat dorsal appelé tergite, et un plat ventral appelé sternite. La queue,  appelée telson, est pointue dans la plupart des eurypterids. Dans quelques espèces, elle peut avoir été employée pour injecter le venin. La plupart des eurypterids ont des palettes vers l'extrémité du carapace et là-bas, qui ont été utilisées pour se propulser par l'eau. Les palettes ont peut-être été également utilisées pour creuser.
La créature a eu quatre paires de jambes jointes pour la marche, et deux grandes griffes à l'avant, les chelicerae. Les eurypterids avaient une paire de yeux composés et une paire de plus petits yeux appelés ocelli, situé entre les autres plus grands yeux. Quelques espèces ont pu avoir été amphibies, émergeant sur la terre pour au moins une partie de leur cycle de vie. Ils auraient pu avoir être capable de respirer dans l'eau et dans l’air.

 

SILURIEN

 

Graptolites

Les graptolites (littéralement écrit sur la pierre, parce que beaucoup de graptolites ressemblent à des hiéroglyphes écrits sur le roc) sont des animaux vivant en colonies. Leurs restes peuvent être confondus avec des fossiles de plantes. Ils ont été découverts dans les couches géologiques du Cambrien supérieur jusqu’au Carbonifère inférieur. Ils sont retrouvés dans le monde entier, et sont très utilisés pour la datation des couches d’une grande partie du Paléozoïque. Les colonies de graptolites sont constituées à partir d’un individu initial. Un stolon chitinisé constitue l’axe central de la colonie et possède un nombre variables de branches. Le stolon comporte une série de thèques, ou vivent les individus composant la colonie.
            Certains graptolites vivent à la surface des océans, d’autres sont rattachés à des algues par de fins filaments ou au fonds des mers par des sortes de racines.

 

ORDOVICIEN
 

Cystoïdes

Les cystoïdes sont un groupe éteint dans la classe des crinoïdes. Environ 100 familles différentes sont décrites. Ils apparaissent au Cambrien supérieur, ont eu leur maximum dans l’Ordovicien et disparaissent déjà dans le Dévonien supérieur. Les cystoïdes avaient un calice sphérique, à tige courte ou sessile, rarement libres, les bras faiblement développés ou nuls, partant du voisinage de la bouche. Leurs fossiles sont trouvés en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.


CAMBRIEN

Trilobites

Les trilobites constituent une classe d’arthropodes marins fossiles. Ils apparaissent au Cambrien inférieur, il y a environ 525 Ma, et disparaissent à la toute fin du Permien lors de la plus importante crise biologique de l’histoire de la vie. Plus de 15.000 espèces ont été décrites. Le nom provient de la subdivision du corps en trois lobes longitudinaux ; un lobe médian, le rachis, et deux lobes latéraux, les plèvres. On distingue aussi une subdivision en trois régions de l’avant vers l’arrière : le cephalon (« tête), le thorax et le pygidium (« queue »). Le thorax est composé de segments articulés les uns avec les autres. Le nombre de segments varie de 2 à 103. Le nombre élevé de segments offre une grande souplesse au thorax favorisant ainsi une position de défense par enroulement comme on peut l’observer chez d’autres arthropodes. Les segments du pygidium ne s’articulant pas entre eux.
            Les trilobites possédaient un solide exosquelette. Durant la mue, cet exosquelette se scindait en deux au niveau de la jonction cephalon/thorax. De nombreux fossiles sont des résidus de la mue plutôt que des trilobites morts.
            Les trilobites variaient en taille, entre 1 mm et 72 cm, avec une moyenne entre 2 et 7 cm. La très grande majorité d’entre eux vivaient sur ou dans le substrat constituant le fond des mers. Il semble toutefois que certaines formes vivaient dans la masse d’eau. Ils étaient probablement les prédateurs des petits invertébrés marins. Les trilobites furent les premiers animaux à développer de vrais yeux. Ces fossiles ont eu une vaste répartition géographique, avec un grand nombre d’espèces évoluant rapidement, ce qui permet de dater les formations de façon précise.

  

PRECAMBRIEN

 

Stromatolithes
 

Les stromatolithes sont bio-construits par des communautés bactériennes. Ils prennent la forme de feuillets superposés de 0,1 à 5 mm d’épaisseur, formant un tapis biominéral foncé produit par une colonie qui est une forme organisée d’un biofilm. Ils ne sont pas les restes d’un organisme particulier, mais la fossilisation d’un récif non corallien. Ils sont la trace des premières formes de vie en colonies fixées. Dans la plupart des stromatolithes, la structure en feuillets est constituée d’une couche de bactéries et d’une couche sédimentaire. La sédimentation semble être une forme de cristallisation induite par les bactéries dans une eau presque saturée en sels minéraux.
            Ils existaient déjà il y a 3,5 Ga. La plus grande diversité serait daté d’il y a 1,3 Ga pour ensuite chuter à 75 % de ce niveau (entre – 1 Ga et – 700 Ma), pour enfin tomber à moins de 20 % de cette diversité au début de Cambrien. Ils sont devenus très rare, mais les stromatolithes continuent à se construire actuellement, tous dans les eaux chaudes. Leur croissance est très lente : 0,4 mm par an.